En 1882, T. Leber, dans sa présentation sur les origines du décollement de la
rétine, a décrit une maladie caractérisée par une inflammation
sèche de la cornée seule ou de la cornée et de la conjonctive,
respectivement, dans laquelle des filaments en provenance d'un épithélium
cornéen de plus en plus écaillé se formaient à cause du
réflexe de clignotement. Il l'appela keratitis filamentosa (kératite
filamenteuse).
Quelques années plus tard, au début de 1888, un chirurgien, le Dr Johann
Mikulicz présentait à la société de médecine scientifique
de Koenigsberg le cas d'un fermier âgé de 42 ans qui affichait un gonflement
bilatéral indolore des glandes lacrymales et salivaires. Après une excision
chirurgicale complète des glandes lacrymales et sous-maxillaires, le patient semblait
se porter mieux et reprit son travail. Moins d'un an plus tard, il mourait d'une
péritonite inattendue. Ce gonflement bilatéral des glandes lacrymales et
salivaires, s'accompagnant d'un arrêt de la production de larmes et d'une
sécheresse de la bouche fut appelé syndrome de Mikulicz. Le 9 mars de la
même année, à Londres, le Dr W. B. Hadden présentait à la
Clinical Society le cas d'une femme âgée de 65 ans qui se plaignait depuis
plusieurs mois de sécheresse de la bouche. Elle avait la bouche sèche,
n'arrivait presque plus à avaler, sa langue était rouge, tout à fait
sèche et fendillée en tous sens, comme de la "peau de crocodile".
Aucune larme ne se formait quand elle essayait de pleurer. Hadden signala une
amélioration de la situation grâce à un traitement à base de
pilocarpine (un alcaloïde stimulant la sécrétion de salive, de sueur et de
larmes).
En outre, d'autres rapports sur des cas cliniques semblables furent publiés par
Hutchinson, en Angleterre, et Fischer, en Allemagne, en 1888.
En 1925, le Docteur GOUGEROT, ophtalmologiste français, constatait que la
sécheresse oculaire n'était qu'un élément d'un syndrome sec plus
étendu, affectant la bouche, le larynx, les muqueuses nasales et vaginales avec une
diminution possible de la fonction de la thyroïde et des ovaires. Voilà pourquoi
l'Association de France s'appelle ASSOCIATION DU GOUGEROT SJOGREN.